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Pagine Marxiste - français
Nationalisme pétrolier et populisme rentier
Venezuela


Depuis quelques années, avec Hugo Chavez à la présidence, le Venezuela est sur le devant de la scène politique internationale, pour sa ligne d’unité latino-américaine et de défi aux États-Unis, et pour une politique sociale qui déclare vouloir prendre ses distances du capitalisme à la recherche d’une troisième voie parfois définie comme « socialiste ». C’es pour ça qu’il trouve des partisans dans une partie de la gauche, en Europe aussi comme on a pu voir pendant sa récente visite à Milano et Madrid.

C’est pourquoi nous pensons qu’il est utile de conduire une analyse objective, utilisant les instruments du marxisme, pour comprendre la nature des processus économiques, sociaux et politiques en cours au Venezuela.

La conclusion à laquelle arrive notre analyse est que le gouvernement actuel du Venezuela poursuit des politiques, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, qui ne se distinguent pas essentiellement de celles suivies par les gouvernements passés dans les phases de hauts prix pétroliers, même si les formes politiques avec lesquelles cela se passe sont originales, et le contexte internationale et latino-américain est très changé.

Dépendance de la rente pétrolière

Les éléments de continuité avec l’histoire passée du pays sont en effet beaucoup plus grands qu’il ne soit en générale connu. L’élément principal est donné par la spécificité économique de ce pays, qui a une population la moitié de l’italienne avec une surface trois fois plus grande et un produit intérieur brut (PIB) qui est environ un douzième du PIB italien : il s’agit du troisième producteur mondial de pétrole, avec à peu près 3 millions de barils par jour. Un troisième du PIB environ, presque la moitié des profits (marge brute opérationnelle) et plus que la moitié des revenus étatiques viennent des activités pétrolières. Il est naturel que, du 1918 au moment où commence l’exploitation industrielle du pétrole, et en vingt ans le pays passe d’exportateur agricole à premier exportateur pétrolier international (et importateur agricole) une grande partie des luttes sociales et politiques au Venezuela aient eu pour objet le contrôle et la répartition des revenus pétroliers.

Entre 1917 e 1936 le pétrole fournit le 29% des recettes de l’État; entre 1936 et 1945 le 54% (après la chute de l’export mexicain à la suite de la nationalisation du pétrole, le Venezuela devient le premier exportateur mondial et le principal fournisseur des États-Unis au cours de la Seconde Guerre Mondiale) ; l’État dépend des revenus pétroliers jusque pour le 71% entre 1945 et 1958, et cette dépendance se maintiendra au dessus ou environ du 50% dans les décennies successives aussi. Pour cette raison, surtout dans les derniers 30 ans de fortes oscillations des prix pétroliers, le cycle politique vénézuélien est étroitement lié au cycle du pétrole.

Capitalisme d’État

Avec le quadruplement des prix du pétrole en 1973-74, le Venezuela voit une soudaine, énorme hausse de la rente pétrolière, qui est partagée entre les consommations privées (subventions pour l’achat de genres de consommation, aux importations), consommations publiques et état social (redoublement du secteur public à 750 mille unités entre 1974 et 1978), profits privés (détaxation et aides aux entreprises) et surtout des investissements publics, avec le lancement d’un plan quinquennal d’investissements de 52,5 MD de dollars en 1977 (équivalent à trois quarts du PIB d’un an) : bâtiment d’infrastructures dans les transports, télécommunications, énergie, et construction d’un grand complexe industriel à capital d’État, avec la constitution de 163 sociétés à capital public dans plusieurs secteurs, du textile aux transports aux constructions navales. Par l’entremise de l’établissement public Corporaciòn Venezolana de Guyana est créé du rien le plus grand pôle industriel du pays à Ciudad Guyana (dans l’État de Guyana, à l’Est), avec un complexe hydro-électrique, des complexes sidérurgiques et de l’aluminium qui exploitent les ressources minières locales. En peu d’années, Ciudad Guyana, qui réunit deux villes préexistantes, passa de 40 à 300 mille habitants, et aujourd’hui elle est près d’un million.

A cause de cette dépense et de ces investissements l’État et les entreprises publiques s’endettèrent envers l’étranger, misant sur les futurs revenus pétroliers pour payer la dette.

Crise de contre-choc : la révolte du Caracazo

Avec le reflux du prix du pétrole l’endettement commençait à devenir insoutenable, mais le deuxième choc pétrolier du 1979 (lié à la révolution islamique en Iran) survint en temps utile pour faire annuler un plan d’austérité déjà décidé et permettre la continuation de la politique de forte dépense publique et d’augmentation de l’endettement envers étranger. Il fut bâti, entre autres, un complexe du charbon et de l’acier dans l’État de Zulia, à l’Ouest. Mais après une croissance soutenue (6% l’an) entre 1974 et 1978, l’économie stagne et ne produit pas les ressources pour payer la dette. La bourgeoisie transfère à l’étranger d’énormes quantités d’argent; 5 milliards de dollars de liquidité de la société pétrolière PDVSA sont réquisitionnés par l’État en essayant de maîtriser la situation. L’équilibre financier dépend toujours davantage du prix du pétrole. Lorsque celui-ci se réduit de moitié en 1986, la situation financière écroule : le Venezuela est obligé à faire recours aux garanties du Fond Monétaire, qui impose de mesures drastiques d’austérité. Le 27 février, avec l’entrée en vigueur de fortes augmentations des tickets des transports publics (30%, mais des lignes d’autobus extra-urbaines demandent le 70%) qui suivent d’un jour le redoublement du prix de l’essence, dans les périphéries de Caracas éclatent des désordres qui se transforment dans une véritable émeute dans les quartiers plus pauvres, connue comme le Caracazo. La foule saccage surtout les magasins alimentaires, cherche à pénétrer dans les quartiers hauts de la capitale, mais, sans une guide politique, elle n’attaque pas les centres du pouvoir. La police de la capitale, brouillée avec la Garde Nationale, n’intervient pas d’une manière ferme, la Garde Nationale n’a pas de forces suffisantes pour la répression. Le président Carlos André Perez, en charge depuis peu de temps, fait intervenir l’armée : c’est un massacre, avec un nombre de morts estimé entre les 400 et les 2000. On trouvera ensuite des fosses communes.

Si la rente pétrolière avait permis d’élargir les miettes à des secteurs du prolétariat urbain, la baisse du prix du pétrole, qui a provoqué l’élimination des subventions, a occasionné la révolte populaire. Le Caracazo creuse un sillon profond entre les couches inférieures du prolétariat et les partis traditionnels de la bourgeoisie.

A la crise du Caracazo s’ensuivront des années d’instabilité politique et financière, qui culminent dans la crise bancaire du 1994, lorsque plus que la moitié du système bancaire vénézuélien est sauvé par le gouvernement avec un coût qui est le trois quarts des revenus étatiques. En 1998-99 la chute des prix pétroliers à 11-12 dollars au baril, le niveau plus bas depuis les années ’70, aggrave les difficultés pour l’économie et les problèmes financiers : c’est dans cette conjoncture qui se prépare la montée au pouvoir d’Hugo Chavez.

Les compagnies américaines

Autour du pétrole ne tourne pas seulement la politique intérieure, mais aussi celle internationale. Le pétrole marque le rythme des rapports entre le Venezuela et le capital international, entre le Venezuela et les puissances impérialistes, Etats-Unis en particulier, mais aussi entre le Venezuela et les pays en développement (PVD) en particulier dans l’Amérique Latine.

La jeune bourgeoisie vénézuélienne dans la deuxième décennie du XIX siècle avait lutté pour chasser les espagnols qui lui imposaient le monopole sur les exportations de cacao et les importations d’esclaves et des produits manufacturés, adjugé à la basquaise Compañia de Caracas. Pour un siècle l’export agricole, de cacao et de café, constituera son plus important revenu.

L’extraction industrielle du pétrole décolle dans la deuxième décennie du ’900.

Il sera fondamental le rapport avec Creole, la filiale vénézuélienne du groupe américain Standard Oil of New Jersey (l’Exxon d’aujourd’hui), qui acquit des concessions pour presque les deux tiers des réserves prouvées et qui dans les années 1940 fournissait le 48% des profits du groupe; sont présentes aussi Shell et Gulf, auxquelles s’ajoutent de nombreuses compagnies moins importantes. Le Département d’État américain exerce une constante action de médiation et de pression auprès des gouvernements vénézuéliens, dictatoriaux ou démocratiques, pour la tutelle des intérêts des compagnies pétrolières étasuniennes.

Guerre Froide et militaires de gauche

Le Venezuela jusqu’à tous les années ’60 représente pour les Etats-Unis le « pays modèle » qui entretient des bons rapports avec les compagnies pétrolières et ne menace pas des nationalisations (différemment de Bolivie et Mexique, qui avaient nationalisé en 1937 et ’38), même si à partir du 1943, profitant du rôle stratégique des livraisons vénézuéliennes au cours de la guerre mondiale, le gouvernement commence à augmenter les royalties et haussera la part de l’État au 50% des profits des compagnies. Le général Perez, qui renverse le gouvernement d’Accion Democratica en 1948, garantira de nouvelles concessions aux compagnies pétrolières étrangères, et en 1954 il recevra du président américain D. Eisenhower le titre honorifique de la Legion of Merit. La Junta Patriótica qui dépose Perez en 1958 hausse la royaltie du 50 au 60%, mais le gouvernement Betancourt qui lui succède consolide des rapports étroits avec les États-Unis et s’aligne nettement avec eux dans la Guerre Froide. L’amiral Larrazabal, qui avait guidé la Junta Patriótica et était soutenu par le Parti Communiste Vénézuélien, enlèvera son soutien au gouvernement lorsqu’il coupe les relations diplomatiques avec Cuba et les pays « socialistes » en 1961. Dans plusieurs occasions dans l’histoire du Venezuela des militaires entrent en politique et trouvent l’appui de la gauche, sur des positions nationalistes et anti-américaines. Chavez fait partie de cette tradition.

La ligne pro-américaine prévale jusqu’à la fin des années ’60, dans les gouvernements dirigés par Accion Democratica (un parti d’école social-démocrate), et dans ceux dirigés par COPEI (le parti démocrate-chrétien) qui s’alternent au pouvoir.

Coût élevé du pétrole et latino-américanisme

Déjà en 1960 le gouvernement vénézuélien avait cherché à neutraliser la croissante compétition des producteurs moyen-orientaux de pétrole favorisant la constitution de l’OPEV, le cartel des pays exportateurs de pétrole et en 1971, parallèlement avec la crise du dollar, le gouvernement hausse au 70% la royaltie sur la rente pétrolière. Il sera en 1973, avec une demande en croissance de pétrole causée par le fort développent mondiale d’après guerre, unie à la troisième guerre arabo-israélienne, que l’OPEC trouve des rapports de force qui lui permettent de décider la limitation de la production et l’embargo contre les États-Unis, alliés à Israël.

En 1974, par représailles les États-Unis excluent des tarifes préférentielles adoptées pour les PVD les pays OPEC, Venezuela inclus, malgré celui-ci avait en réalité augmenté ses livraisons aux Etats-Unis pour suppléer à la manque des livraisons du Moyen Orient.

C’est dans l’année du premier choc pétrolier que le président Caldera, du parti catholique COPEI, abandonne la « doctrine Betancourt », établit des rapports diplomatiques avec Cuba et les pays du bloc « soviétique », et développe une politique étrangère latino-américaniste continué après 1974 par son successeur Perez de AD, qui institue le Fonds d’investissements pour exporter le 35% de la rente pétrolière vers les pays carabiques, andins et centre-américains, surtout pour financier leurs achats de pétrole : une forme latino-américaniste du recyclage des pétrodollars. Dans la deuxième partie des années ’70 le gouvernement vénézuélien fournit des armements et un soutien actif aux sandinistes au Nicaragua, tandis qu’il coupera les livraisons de pétrole au gouvernement Somoza (dans les années ’80 il participera au processus de médiation).

En 1975 le Venezuela favorise la constitution du SELA, le Système Économique Latino-américain, auquel participent 26 pays, mais qui ne reste qu’un forum de discussion.

L’augmentation des prix pétroliers donne au Venezuela les moyens financiers pour une politique étrangère active, dégagée de celle des Etats-Unis, dans la tentative de créer sa propre sphère d’influence parmi les petits pays de la région. Une stratégie analogue est poursuivie aujourd’hui par le gouvernement Chavez, avec l’offre du pétrole à prix de faveur aux États de l’Amérique Latine, et avec la proposition de constituer des communautés régionales de l’énergie.

La nationalisation : PDVSA multinationale

C’est dans cette situation qu’en 1975 est décidée la nationalisation des activités pétrolières. Elle est réalisée sans fracture avec les compagnies, qui reçoivent environ deux milliards de dollars d’indemnisation. On constitue la société d’État PDVSA qui, dirigée par un général (capital d’État à direction militaire, comme il est arrivé en plusieurs PVD), en peu d’années centralise les activités de 14 compagnies étrangères privées qui opéraient au Venezuela. L’État est maintenant en théorie le propriétaire au 100% de la rente pétrolière, même si PDVSA continue à payer aux vieilles et nouvelles compagnies pétrolières étrangères de services d’assistance technique et aussi de gestion des puits. PDVSA devient à son tour une multinationale alliée à d’autres multinationales, par l’achat des cotes parts de raffineries en Allemagne, Suède, Grande Bretagne, et surtout aux Etats-Unis avec l’acquisition de CITGO elle obtient le contrôle du 100% de 5 raffineries avec la capacité de presque 1,2 millions de barils par jour (mb/j), rapportés aux 1,28 mb/j des raffineries possédées au Venezuela et aux 0,97 mb/j des celles participées en Europe. PDVSA, troisième au monde pour capacité de raffinage, et en plus cinquième producteur mondial de pétrole, devient de cette façon la plus grande multinationale d’un PVD, et se dégage des réseaux commerciaux des multinationales pétrolières, jouant directement sur les marchés des pays consommateurs.

Affaires privées du capital d’État

Avec la nationalisation le Venezuela sanctionne son indépendance politique des Etats-Unis, qui restent quand même son marché le plus important. La PVDSA, comme toutes les entreprises capitalistes, tend à poursuivre son maximum avantage d’entreprise, qui souvent ne coïncide pas avec celui de l’État actionnaire. Les dirigeants poursuivent souvent un intérêt d’entreprise qui diffère de celui des actionnaires, et presque toujours, dans le respect ou la violation de lois et de statuts, poursuivent aussi ou surtout leur propre intérêt privé, comme en sont témoins les ordinaires scandales d’entreprise. Dans le cas de PDVSA, en plus, les dirigeants opérationnels des différentes activités du groupe restent ceux qui ont été formés par les multinationales, liés à des milieux et à des intérêts étrangers, souvent eux mêmes d’origine étrangère. Ils utilisent la structure multinationale de PDVSA pour transférer des profits des sociétés vénézuéliennes à celles à l’étranger du groupe, et les soustraire ainsi à la lourde taxation du gouvernement vénézuélien (par exemple accordant des escomptes aux livraisons de brut à leurs raffineries à l’étranger). Par l’argent et le pouvoir d’influence dont ils disposent, ils achètent aussi l’appui de nombre de politiciens et de sommets de la magistrature, obtenant dans les premières années ’90 des sentences de la Cour Supérieure qui abolissent les contraintes imposées au rôle des compagnies étrangères par la loi sur la privatisation et par d’autres lois sur les hydrocarbures. Les accords opérationnels avec les compagnies étrangères sont enlevés au contrôle du Congrès ; PDVSA peut créer des joint-ventures pour l’exploitation du pétrole vénézuélien dans lesquelles les sociétés étrangères ont la majorité (dans tous les accords des années ’90 PVDSA sera associé minoritaire) ; pour l’exploitation des gisements de huile lourde dans le bassin de l’Orénoque l’impôt est réduit à l’1% ; PDVSA s’engage en plus à indemniser les associées pour la hausse éventuelle des charges fiscales…

Surtout à partir de 1996, avec la soi-disant politique d’ouverture, le contrôle de l’État sur la rente pétrolière baisse au dessous du niveau avant-nationalisation. La chute du prix du pétrole et par conséquence de la rente en 1998-’99 aggrave encore plus la situation des finances publiques et préjuge la distribution de la rente pétrolière par moyen de la dépense publique.

Movimiento nationaliste

Des importants secteurs de la bourgeoisie quittent les vieux partis de gouvernement et aux élections du 1998 soutiennent le mouvement électoral de Hugo Chavez, ex lieutenant-colonel qui en 1983 avait fondé une organisation secrète d’officiels, MBR-200 (Movimiento Bolivariano Revolucionario), nationaliste et populiste, et en 1992 il avait tenté et manqué un putsch. Amnistié après deux ans de prison (pendants lesquels il avait pu accorder des interviews et faire des réunions), mais expulsé de l’armée, Chavez s’était converti à la démocratie et s’était dédié à la construction du MVR (Movimiento Quinta Repùblica), inspiré de la figure et des idées de Simón Bolivar (Voir cadre).

Le noyau central de MVR est composé de militaires nationalistes, mais il trouve appui dans les partis de la gauche La Causa R(adical) et MAS (Movimiento al Socialismo - constitué d’ex-guérilleros des années ’60, ensuite passés à des positions réformistes, si que beaucoup d’entre eux furent cooptés dans le gouvernement du démocrate-chrétien Caldero, et d’autres obtinrent des postes dans les gouvernements locaux), et dans les mêmes milieux d’entreprise qui avaient soutenu les précédentes gouvernements (entre lesquels le Grupo Cisneros, le plus grand groupe privé du pays). Chavez, candidat du pôle patriotique, reçoit le 56% des votes aux présidentielles du décembre 1998 (tandis que MVR avait gagné moins que le 20% des votes valides aux élections parlementaires de novembre). Selon plusieurs recherches conduites en 2000, parmi les électeurs du MVR ceux qui se réputent de droite dépassent abondamment ceux qui se réputent de gauche.

La tâche principale de Chavez est celle de reprendre le contrôle étatique sur la rente pétrolière, une tâche nationale. Mais Chavez va au-delà, accentuant son anti-américanisme (fournissant entre autres des importantes aides financières à Cuba qui en échange a envoyé 14 mille médecins au Venezuela) et là il se heurte à des forts liens économiques, financiers et politiques entre des secteurs de la bourgeoisie vénézuélienne et les Etats-Unis. Gustavo Cisneros, par exemple, est dans une dizaine d’institutions étasuniennes.

Le parti américain

C’est surtout pour ce qui concerne la politique étrangère que s’est formée une coalition anti-Chavez, comprenant une majorité du patronat privé, l’Église, une partie des sommets militaires, la confédération syndicale CTV, contrôlée par AD, et la direction du PVDSA, en lutte pour empêcher que la nouvelle loi sur les hydrocarbures entrât en vigueur en 2003. Cette coalition en avril 2002 organisa un coup d’État, qui arriva jusqu’à décréter la dissolution du Parlement et la nomination à président de la République de Pedro Carmona, président des Chambres de Commerce, qui nomma un gouvernement d’urgence. Les Etats-Unis et l’Espagne reconnurent trop vite le gouvernement putschiste, car dans deux jours, à la suite d’un affrontement à l’intérieur des sphères militaires, vainquirent les partisans de Chavez qui fut réintégré dans ses pouvoirs.

La coalition anti-Chavez tenta alors de jouer la carte des manifestations de rue, avec le soutien de la police de la capitale, et de la grève politique. Au décembre 2002 la CVT lança la grève générale tandis que quelques entreprises décrétèrent le lock-out ; au centre du conflit il y eu la PDVSA, où 23 mille dirigeants et salariés, surtout cadres et employés, firent grève, dans le but d’abattre le gouvernement ils bloquèrent la production de pétrole même par des sabotages. Après deux mois la grève échoua, et la PDVSA recommença la production par l’aide des militaires sans l’appui des grévistes qui furent licenciés en masse.

La dernière carte jouée par le front de l’opposition a été une récolte de signatures pour un référendum afin de faire démissionner Chavez : le référendum eu lieu en août 2004, mais Chavez fut confirmé avec le 58% des votants. Aux dernières élections du décembre 2005 les plus importants partis d’opposition se sont retirés avec le prétexte qu’il n’y avait pas de garanties ; les partis de gouvernement ont remporté une victoire écrasante, mais dans une élection à laquelle ont participé seulement le 25% des ayants droit. La majorité des vénézuéliens s’en est désintéressée.

Improbable socialisme rentier

A la suite de ces vicissitudes Chavez s’est appuyé en façon croissante aux courants de la gauche, accentuant la phraséologie « anticapitaliste » et socialiste de façade – même s’il a toujours limité la perspective du changement social à la sphère de la distribution.

Dans les premières années de son gouvernement Chavez a poursuivi une série de réformes progressistes, mais pas radicales du point de vue sociale, comme une campagne d’alphabétisation et de formation professionnelle pour laquelle a été utilisée l’armée aussi, une campagne pour porter l’assistance sanitaire dans les barrios des périphéries, par l’aide de 14 mille médecins cubains, et de médecines à prix subventionné ; une réforme agraire qui a reparti les terre pas cultivées (et qui a eu de la peine à trouver des aspirants paysans) ; maintenant le gouvernement est en train d’organiser la réforme des terrains urbains afin de légaliser la possession des maisons abusives bâties dans les barrios, et leur fournir l’eau, l’électricité, etc. Le gouvernement a bâti aussi un réseau de magasins de genres alimentaires et de large consommation à bas coût pour contrôler les prix, (surtout par des produits d’importation).

Sur le plan social le gouvernement a lancé des initiatives de propagande, comme la réquisition - avec indemnisation aux propriétaires – de quelques usines abandonnées ou fermées par les propriétaires, qui ont été données en gestion à des coopératives de travailleurs avec la participation de l’État.

On a aussi engagé des expérimentations de « cogestion » avec l’introduction de représentants des travailleurs dans les conseilles d’administration de quelques grandes entreprises étatiques (l’exemple le plus connu est celui du complexe de l’aluminium de Ciudad Guyana, ALCASA, en perte dès son ouverture il y a 17 ans, au sommet duquel a été nommé le sociologue ex-guérillero Carlos Lanz).

Sur le plan de l’emploi le gouvernement a encouragé la constitution de coopératives de travail en plusieurs secteurs, de celui du vêtement, aux chaussures, à l’horticulture, dans lesquels l’État (souvent directement la PDVSA) met le capital initial. Jusqu’à présent presque 5 mille coopératives ont été constitués.

Dans ces coopératives les travailleurs ne peuvent pas s’organiser en syndicats, car ils sont formellement des associés et pas de salariés, et ils reçoivent souvent des rétributions inférieures au salaire minimum.

Toutes ces initiatives ont des caractéristiques communes :

elles ne son pas le résultat de conquêtes ouvrières, arrachées par la lutte à la bourgeoisie, mais des concessions du haut avec la distribution d’argent venant de la rente pétrolière :

les travailleurs restent à la merci du marché, en concurrence avec des producteurs nationaux et étrangers doués en général de technologies supérieures, obligés à s’exploiter eux-mêmes afin de rester sur le marché.

La bourgeoisie a continué à recevoir une partie croissante de la rente pétrolière à travers des subventions, des protections, la demande et la dette publique – et continue à envoyer à l’étranger une grosse partie des ses profits.

La revue londonienne de la grande banque, The Banker, souligne le soutien au gouvernement Chavez des banques privées vénézuéliennes, qui en 2005 ont vu leurs gains s’accroître du 30%, tandis que dans le boom produit par la dépense publique les crédits en souffrance ont diminué du 10% en 1995 (lorsque l’État sauva la moitié du système banquier de la faillite) à l’1,5% actuel – un signe que les entreprises privées aussi sont en bonne santé car elles réussissent à payer les emprunts. Le 51% des activités des banques privées est en titres publics : les banques font des affaires avec la dette de l’État.

Le cadre économico-social global démontre que, au-delà de sa phraséologie anticapitaliste, Chavez se préoccupe d’assurer un bon climat d’affaires à la bourgeoisie vénézuélienne. Jusqu’au moment où la rente pétrolière demeurera haute, Chavez pourra maintenir l’ambigüité sociale qui caractérise son gouvernement, octroyant des gouttes à toutes les couches sociales, y compris une partie des travailleurs et des jeunes parmi lesquels il a fait naître des espérances pour une transformation sociale radicale. Lorsque le prix du pétrole baissera à la suite des forts investissements dans la recherche et l’extraction encouragés partout dans le monde par les énormes profits actuels, les marges pour le populisme se réduiront, et le conflit social reviendra aigu.

Simon Bólivar

Simon de Bólivar l’héros de la guerre d’indépendance de l’Espagne, qui avait cherché à unifier l’Amérique Latine par la constitution, en 1821, de la République de la Grande Colombie (correspondante environ aux actuels Venezuela, Panama, Équateur et Colombie). Bolivar était expression de la bourgeoisie locale, héroïque contre les espagnols, mais fermée aux aspirations à l’égalité d’esclaves et salariés, après les avoir utilisés pour la conquête du pouvoir. S’ayant assuré le contrôle d’une partie du Venezuela grâce à l’aide de l’armée de couleur dirigée par le « pardo » (sang-mêlé) Manuel Piar. Peu après l’avoir nommé Général en Chef en 1817, il le fait appréhender et condamner à mort pour haute trahison, car il avait exprimé les instances des classes opprimées. Le bolivarisme, maintenant idéologie officielle d’État, est une idéologie nationaliste, anti-impérialiste et pan-américaniste (ou mieux latino-américaniste), en même temps que anti-prolétaire et anticommuniste de la bourgeoisie, qui est aujourd’hui utilisée pour assujettir idéologiquement le prolétariat.

Le socialisme ne peut pas se fonder sur la distribution de la rente pétrolière, c'est-à-dire du fruit de l’exploitation des travailleurs dans des autres régions du monde ; il peut être seulement le résultat de la lutte des travailleurs mêmes, et pas l’octroi d’une armée qui se présente comme au dessus des classes.

(N. 10, octobre-décembre 2005)






Pubblicato su: 2006-06-03 (1555 letture)

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